La dépression : le grand tabou de la santé mentale

La dépression : le grand tabou de la santé mentale

Aujourd’hui la dépression touche 15-20 % des Français, pourtant, on en parle trop peu. Levons les tabous et parlons de la dépression pour mieux la vaincre.

Le 27 octobre 2021 se tenait la 18ème édition de la journée européenne de la dépression. Un temps dédié à sensibiliser le grand public, mais aussi les professionnels de santé, sur un sujet encore bien trop tabou. La dépression touche 15 à 20 % des Français selon l’Inserm, et pourtant, on a encore tendance à en parler en baissant la voix, uniquement dans un cercle très privé… Chez mindDay, nous sommes convaincus qu’il est temps que ça change, à fortiori face à la crise sanitaire. Alors aujourd’hui, parlons haut et fort de la dépression.

Briser les tabous autour de la dépression, un enjeu de santé publique


Petite définition de la dépression

Selon l’OMS, la dépression se définit comme « un trouble mental courant, caractérisé par la tristesse, la perte d'intérêt ou de plaisir, des sentiments de culpabilité ou de faible estime de soi, des troubles du sommeil ou de l'appétit, d'une sensation de fatigue et d'un manque de concentration. Elle […] porte atteinte à la capacité des personnes à fonctionner au travail […], ou à gérer les situations de la vie quotidienne. Dans les cas les plus graves, la dépression peut conduire au suicide. »

Face à cette définition, il convient de préciser que l'on peut tout à fait vivre une déprime passagère, sans que cela se transforme en dépression. Nous l’avons vu dans notre article dédié à la gestion des émotions négatives, le fait de broyer du noir ou d’être triste, peut être un simple réflexe d’adaptation face à une situation difficile. Un état passager, certes désagréable, mais qui ne revêt pas un caractère pathologique. Toutefois, si vous vous sentez déprimé, et que cet état dure plus de 15 jours et entrave votre vie quotidienne, mieux vaut consulter un professionnel de santé pour s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un début de dépression.

Signes dépressifs : qui est concerné ?

Les signes dépressifs touchent majoritairement les femmes, les personnes en situation précaire (faibles revenus, chômage) et les personnes âgées de 35 à 44 ans. En France, les cas de dépression sont plus nombreux chaque année depuis 2010, et ont connu une forte augmentation en 2020 à la suite de la crise sanitaire et des confinements. Selon une enquête menée en septembre-octobre 2021, 16 % des Français montreraient les signes d’un état dépressif, soit une augmentation de 6 points par rapport au niveau hors épidémie. 

La dépression en chiffres

Nous disposons aujourd’hui de larges études sur les cas de dépression en France. Les chiffres de l’Inserm et de Santé Publique France sont édifiants :

  • 15 à 20 % de la population française connaît un état dépressif ;
  • 10 à 20 % des personnes dépressives décèdent par suicide ;
  • On décompte 9 300 suicides et 200 000 tentatives de suicide par an, soit 24 décès par jours ;
  • 9 000 décès par suicide chaque année en France, soit un des taux les plus élevés d’Europe
  • Le suicide est la 2e cause de mortalité chez les 15-29 ans. 

Ces chiffres sont alarmants et soulignent clairement la nécessité de lever le tabou autour de la dépression, et de développer la sensibilisation. D’autant plus qu’il existe un chiffre encourageant : les traitements sont efficaces dans 70 % des cas.

Quelles sont les origines de la dépression ?

Il existe deux types de dépression distincts :

  • La dépression psychogène, qui se déclenche en réaction à un évènement. Cet évènement peut être externe (perte d’un être cher, séparation, traumatisme…) ou interne (trouble hormonal, maladie). 
  • La dépression endogène, qui n’a pas de déclencheur déterminé et se manifeste souvent sur un terrain génétique favorable, ou face à une accumulation de facteurs de risque.

Les facteurs de risques, parlons-en, puisque les études ont permis d’en identifier plusieurs:

  • Une situation de vie précaire, liée à de faibles revenus ou à une période de chômage ;
  • Un traumatisme, comme un décès ou un accident ;
  • Un traumatisme au cours de l’enfance (violence, abus, etc.) ;
  • Une vulnérabilité génétique, les personnes ayant un parent passé par un épisode dépressif ont 2 à 4 fois plus de risques de faire une dépression.

Vaincre la dépression : quels sont les traitements ?

Nous l’avons vu, les traitements de la dépression ont aujourd’hui 70 % de chances de réussite. Un chiffre encourageant, bien qu’encore insuffisant. Les traitements de la dépression ont deux objectifs clés : réduire les symptômes de la dépression ainsi que ses conséquences sur la vie quotidienne ; prévenir les risques de rechutes.

Il existe deux traitements de référence pour la dépression : les antidépresseurs et la psychothérapie. Les antidépresseurs agissent pour réduire les symptômes de la dépression et servent de traitement  pour prévenir l’aggravation de la dépression. Ils se déclinent en trois grandes familles de molécules, et sont prescrits par le médecin traitant ou le psychiatre en charge du suivi, en fonction du profil du patient (symptômes, pathologies associées, tolérance au traitement, etc.).

En parallèle, une psychothérapie avec un psychologue ou un psychiatre peut être recommandée. Les approches et les techniques thérapeutiques se diversifient pour s’adapter aux différents troubles dépressifs et permettent ainsi d’accompagner des profils variés.

Quand les anti-dépresseurs et la psychothérapie ne suffisent pas, d’autres traitements sont possibles, recommandés dans les cas de dépression grave. L'électroconvulsivothérapie ou sismothérapie, plus connue sous le nom « d'électrochocs » peut être envisagée. Elle souffre d’une image négative, mais se révèle sans risques si pratiquée comme il se doit, et elle est efficace dans 90 à 95 % des cas d’épisodes dépressifs graves et/ou résistants.

5 bonnes pratiques pour sortir de la dépression légère


Le sport, un véritable allié pour vaincre la dépression

Selon la Haute Autorité de Santé, une activité physique régulière peut contribuer à réduire les risques de dépression chez les personnes non-déprimées. Pour les personnes souffrant de dépression, le sport réduit les symptômes de la dépression ainsi que les risques de récidive. Des études ont démontré qu’un programme d’activités physiques adaptées comprenant endurance et renforcement musculaire, à raison de 3 séances supervisées par semaine, durant 3 mois, serait aussi efficace qu’un traitement médicamenteux ou une psychothérapie pour les dépressions légères. Alors hop, on chausse ses baskets, et on se lance dans 3 séances de 30 minutes minimum par semaine.

Les plantes qui peuvent aider à sortir de la dépression

En cas de dépression légère, ou de déprime passagère, les plantes peuvent aider à apaiser les symptômes. C’est notamment le cas du millepertuis qui, selon un regroupement de 29 études, aurait les mêmes effets qu’un antidépresseur de synthèse. Néanmoins, le millepertuis n’est pas exempts d’effets secondaires et peut interférer avec plusieurs familles de médicaments dont les antidépresseurs et certaines molécules, dont les antiviraux. La mélisse, le safran et la passiflore ont également fait l’objet d’études qui ont permis de mettre en lumière leur efficacité pour apaiser les symptômes des dépressions légères ou des troubles anxieux. Avant de commencer une cure, consultez toujours un professionnel de santé pour trouver la plante qui vous correspond et qui ne présente aucune contre-indication pour vous.

 

Limiter les symptômes de la dépression grâce à la luminothérapie

A l’arrivée de l’automne ou de l’hiver, de nombreuses personnes connaissent une phase un peu difficile : on parle de trouble affectif saisonnier, ou de dépression saisonnière. Le cerveau peine à caler son rythme sur les horaires d’hiver, notamment à cause de la baisse du temps d’ensoleillement. De ce fait, l’organisme s’en trouve chamboulé, favorisant la survenue d’un état dépressif, qui peut être plus ou moins sévère. Pour vaincre la dépression saisonnière, l’exposition quotidienne à une lampe de luminothérapie offre d’excellents résultats !

 

La méditation pour prévenir les rechutes

Aujourd’hui, la pratique de la méditation se démocratise de plus en plus. Et c’est une bonne nouvelle car elle offre de nombreux bienfaits, y compris dans le cadre d’une dépression. Une étude effectuée en 2015 à l’université d’Oxford a permis de mettre en lumière l’efficacité de la méditation de pleine conscience dans la prévention des rechutes. De manière générale, la méditation est un excellent moyen de se recentrer sur soi quand on se sent submergé par les émotions négatives ou par l’anxiété. Seule petite contrainte de cette pratique : son efficacité ne se révèle que lorsqu’elle est pratiquée régulièrement.

 

Cultiver les pensées positives

Bien souvent, la dépression s’accompagne de ruminations, de pensées négatives qui tournent en boucle dans notre tête sans pouvoir s’en défaire. Pour lutter contre ce nuage de pensées négatives, mais aussi en prévention des rechutes, il peut être très intéressant de cultiver les pensées positives. Il existe de nombreuses manières de le faire au quotidien : tenir un journal de gratitude dans lequel vous inscrivez chaque jour toutes les choses pour lesquelles vous vous sentez reconnaissant ; pratiquer les affirmations positives chaque matin devant le miroir ou pendant votre méditation. A force d’entraîner votre cerveau à voir les choses du bon côté, cela vous viendra plus naturellement.

Si toutes ces solutions naturelles peuvent aider à vaincre une dépression légère, elles ne fonctionnent pas à tous les coups. Ainsi, si vous avez l’impression de traverser une dépression, et que les pistes proposées ci-dessus ne prennent pas, ne laissez pas la situation s’enliser. Rapprochez-vous de votre médecin ou d’un thérapeute, afin de trouver une prise en charge qui vous convient. Même si la situation est difficile, il est indispensable d’en parler à un professionnel.