L’importance de la prévention pour le bien être mental

L’importance de la prévention pour le bien être mental

Pour assurer notre bien-être mental, la prévention est une alliée précieuse. Découvrez nos astuces pour faire de la prévention autour de la santé mentale.

Vous aussi, vous vous êtes déjà entendu dire « Mieux vaut prévenir que guérir » ? Un dicton que l’on répète bien volontiers en cas de douleurs physiques, mais que l’on a du mal à appliquer à la santé mentale. Si on trouve tout à fait acceptable de ne pas porter de charges lourdes pour protéger son dos, cela nous paraît moins naturel de prendre un jour de repos quand le niveau de stress devient ingérable. Et pourtant, en ce qui concerne le bien être mental, la prévention est essentielle : c’est en se protégeant et en protégeant notre entourage qu’on évite les situations de crise.

 

Les chiffres clés sur la santé mentale en France

Quand on parle de santé mentale, une des plus grandes difficultés est que le concept peut sembler abstrait, difficilement palpable. Nous n’avons pas cette douleur dans un muscle ou dans un organe qui nous indique que, non ça ne va pas, et qu’il faut réagir pour éviter une blessure. Néanmoins, nous sommes capables de ressentir un véritable mal-être. Nous sentons quand nous touchons nos limites. Mais parce que c’est une douleur « invisible » et abstraite, il est beaucoup plus difficile d’en prendre conscience et d’agir à titre préventif.

Pourtant, quand on se penche sur les chiffres de la santé mentale en France, on réalise que le problème est bien réel, palpable, avec des conséquences parfois dramatiques. Selon le ministère des Solidarités et de la Santé :

  •   7,5 % des Français âgés de 15 à 85 ans ont souffert de dépression au cours des 12 derniers mois ;
  •   15 % des Français âgés de 10 à 20 ans (soit 1,5 millions de personnes) ont besoin de suivi ou de soin psychologiques ;
  •   30 % des Français disent avoir dans leur entourage proche une personne concernée par une souffrance psychique. Ce taux atteint 57 % chez les moins de 35 ans. (sondage Harris Interactive pour la mutualité Française)
  •   On décompte 9 300 suicides et 200 000 tentatives de suicide par an, soit 24 décès par jours en France.

En entreprise, la question du bien être mental est particulièrement prégnante. Selon un baromètre de la santé psychologique des salariés français, réalisé du 28 septembre au 7 octobre 2021 auprès d’un panel représentatif de 2016 salariés par OpinionWay, on recense 38 % de salariés en situation de détresse psychologique. 33% de salariés se trouvent même en situation de dépression nécessitant un traitement médicamenteux.

Ces chiffres nous permettent aussi de réaliser que la France a de nombreux progrès à faire en matière de santé mentale. En effet, la France métropolitaine se situe parmi les pays de l’Union Européenne ayant un des taux les plus élevés de suicides (par ordre croissant du taux de suicide : 17ème sur 28 en 2014). Aussi, la France est le pays dont la consommation d’alcool et de drogues (cannabis) est l’une des plus élevée chez les jeunes et les adultes en Europe. Et si, pour agir pour la santé mentale en France, la prévention était la solution ?

Comprendre le rôle de la prévention dans le bien être mental

Nous en parlions précédemment, il est toujours plus simple de prévenir que de guérir. C’est très vrai en ce qui concerne le bien-être mental. La meilleure manière d’éviter les situations extrêmes est de mettre en place un maximum de bonnes pratiques pour se protéger : aménager son temps de travail, trouver un exutoire (sportif ou créatif), pratiquer la méditation pour apprendre à s’écouter. Et quand la situation devient plus compliquée, un diagnostic et une prise en charge rapide peuvent permettre d’éviter le point de rupture : un burn-out, une hospitalisation pour dépression, etc.

Ainsi, une prévention efficace peut éviter à un individu en détresse psychologique de se mettre en danger par le développement de troubles alimentaires graves, d’une addiction, de comportements dangereux (en voiture, au sport, etc.), et dans les cas les plus graves, par une tentative de suicide. Si l’objectif premier est de prévenir le danger, il faut aussi garder à l’esprit qu’une prise en charge rapide offre plus de chances de guérison sans séquelles. Comme pour une blessure physique, plus on laisse traîner, plus les conséquences peuvent être graves et s’ancrer sur le long terme.

Afin d’éviter de vivre des mois voire des années dans le mal être, il est important de mettre en place les réflexes de prévention. Car oui, la prévention ce n’est pas seulement intervenir auprès d’une personne en souffrance pour éviter le danger. C’est également intervenir en amont pour éviter que cette personne ne souffre. Et pour prévenir le mal être mental, nous avons tous la possibilité d’agir ! 

La prévention, l'affaire de tous

Que ce soit vis-à-vis de vos collègues ou de vos proches, le premier bon réflexe pour prévenir les troubles psychologiques : être à l’écoute. Vous positionner comme oreille attentive et bienveillante, c’est déjà faire un véritable travail de prévention. Attention tout de même : être attentif au bien-être mental des autres, cela ne veut pas dire s’oublier pour autant. Il faut vous protéger et ne pas endosser les problèmes des autres.

Bien sûr, vous pouvez adapter votre posture en fonction de votre relation. Vis-à-vis d’un ami ou d’un membre de votre famille, vous connaissez tellement bien la personne que vous êtes très bien placé pour détecter un changement de comportements ou des signes de détresse. Selon la personnalité de nos proches, les signes de détresse peuvent se faire discrets ou s’imposer de manière marquée. Vous connaissez bien la personne, faites confiance à votre ressenti.

Mais, contrairement aux idées reçues, il n’y a pas que dans des relations très proches que l’on peut intervenir. Par exemple, au travail, les managers ont un rôle à jouer dans la santé mentale des équipes : ils sont aux premières loges pour repérer des signes de mal être, et éventuellement adapter leur management en fonction. Les formations managériales intègrent de plus en plus la prévention des risques psychosociaux. Les managers sont appelés à varier les tâches confiées aux salariés, à donner du sens au travail, à donner du feedback et à valoriser l’expérience et la contribution de chacun.

Car la prévention passe par deux axes : l’écoute active afin de repérer les signaux d’alerte, mais aussi par la capacité à réagir face au mal être. Si on a bien souvent peur d’être maladroit et de faire pire que mieux, il faut tenter d’ouvrir le dialogue, de créer une discussion, et ne pas rester dans l’inaction. Bien sûr, cela se travaille et s’apprend et il existe de bonnes pratiques pour améliorer vos capacités d’écoute, d’action, et donc, de prévention. Vous pouvez par exemple instaurer un point hebdomadaire avec votre collaborateur pour aborder non pas les projets en cours mais l’état d’esprit général du salarié, l’atmosphère de travail dans laquelle il évolue, ses souhaits… L’idée n’est pas de s’immiscer dans la sphère privée mais bien plutôt de s’intéresser aux sources de motivation et de mise en confiance du collaborateur.

 

3 idées pour faire de la prévention autour de la santé mentale


Développez vos connaissances sur la santé mentale

Vous voulez faire de la prévention auprès de votre entourage, ou tout simplement, auprès de vous-même, mais vous craignez de mal vous y prendre ? Première étape : vous renseigner sur les fondamentaux de la santé mentale. Connaître les troubles principaux, être capable d’en détecter les symptômes et surtout d’intervenir. De nombreux outils de prévention existent, notamment des contenus et des formations facilement accessibles en ligne. Vous pouvez d’ailleurs retrouver le replay de la formation de 90 minutes aux premiers secours psychologiques proposée par MindDay à l’occasion de la journée mondiale de la santé mentale. Hervé Montes, ancien président de l’Association Française de Thérapie Comportementale et Cognitive, ainsi que psychiatre et psychothérapeute depuis plus de 20 ans, y partageait ses conseils pour bien réagir en situation d’urgence. 

 

Initiez-vous à la communication non-violente

Savoir être à l’écoute et trouver les bons mots, cela s’apprend. Une bonne approche pour développer ces compétences, c’est la communication non-violente. Il s’agit d’une technique de communication basée sur le respect et la bienveillance. Elle vous apprend à écouter votre interlocuteur afin d’avoir la capacité de cerner ses besoins, et de répondre en trouvant les bons mots.

Si cela peut être utile pour faire de la prévention autour de vous, vous pouvez aussi vous appuyer sur la communication non violente pour apprendre à mieux formuler et externaliser vos besoins, vos émotions, vos envies. mindDay vous donne toutes les astuces pour vous mettre à la communication non-violente dans cet article.

 

Libérez la parole autour de la santé mentale

Les tabous autour de la santé mentale contribuent à enfermer les personnes en détresse dans leur mal être. Fort heureusement, il est possible de libérer cette parole. Les professionnels de la santé mentale, coaches ou thérapeutes, sont là pour vous aider à avancer et à surmonter vos blocages, qu’ils aient une origine professionnelle ou personnelle. Prendre contact avec eux et leur en parler, c’est déjà vous affranchir. C’est dans cet esprit et pour contribuer à démocratiser l’accès au bien-être mental que mindDay a été créé. La simplicité d’utilisation de ses services vous aidera à sauter le pas, puis à prendre soin de votre santé mentale jour après jour. 

Il nous appartient à tous de ne plus accepter que le sujet de la santé mentale soit traité comme un tabou. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à montrer l’exemple : parlez de votre propre santé mentale autour de vous, proposez des formations au travail, parlez de livres que vous avez lu autour de la santé mentale, etc. Plus on parlera de la santé mentale de manière libre, fière et bienveillante, plus la prévention contre les troubles psychologiques et leur prise en charge s'amélioreront.