Qu’est-ce que le coaching ? Les explications de Frédérique Tofani

Qu’est-ce que le coaching ? Les explications de Frédérique Tofani

Frédérique Tofani, executive coach et cofondatrice de mindDay, répond aux questions que vous vous posez peut-être sur le coaching.

Alors que nous sommes appelés aujourd’hui à devenir de plus en plus agiles, créatifs de solutions inédites, tout en résistant à de nouvelles pressions alimentées par des contraintes sans cesse renouvelées et un océan d’incertitudes … le coaching permet de nous équiper, vite et bien pour pouvoir nous adapter et avancer avec efficacité tout en prenant soin de nous et de nos « essentiels ».  Frédérique nous présente les principes et les vertus du coaching professionnel.

Bonjour Frédérique, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Frédérique, je suis Executive Coach. J’accompagne depuis 20 ans des personnes, des équipes et des organisations dans leurs enjeux de développement, de transition et de transformation. Je fais partie de l'équipe des cofondateurs de mindDay.

 

Pourquoi vous être associée au projet mindDay ?

Tout d’abord, parce que j’ai à cœur de soutenir la mission de mindDay qui est de contribuer au "bien-être mental au quotidien pour le plus grand nombre.”. Avec l’envie personnelle de voir le coaching mis au service de populations plus variées dans le milieu professionnel.

Par ailleurs, pour accomplir sa mission, mindDay a choisi une approche holistique et innovante à laquelle j’adhère pleinement, qui vise tout autant le « bien être » que le « être bien » au travail. Et qui valorise les dispositifs traditionnels déjà en place tout en permettant de répondre avec réactivité et innovation aux besoins générés par l’actualité turbulente.

Je suis aussi particulièrement sensible à de nombreuses valeurs du projet, notamment : viser le « prévenir plutôt que guérir », permettre à chaque bénéficiaire de devenir « acteur » de son bien-être, être résolument « HR Partner «, ou encore, inscrire dans son ADN la mission de redistribution auprès de populations vulnérables… La liste est longue ! :)

Enfin, je trouve du sens dans le fait d’appartenir à un projet porté par une équipe engagée (fondateurs, collaborateurs, « minders », partenaires), qui ne cède pas à la tentation d’emprunter les chemins les plus faciles au bénéfice des chemins les plus congruents et les plus durables pour la mission qu’elle s’est donnée.

 

On entend beaucoup parler de coaching depuis plusieurs années, souvent sans comprendre de quoi il s’agit. Comment définiriez-vous le coaching ?

Je définirais le coaching comme un « processus » qui permet aux personnes ou aux groupes d’atteindre un objectif plus vite, plus facilement et efficacement, tout en apprenant à être autonomes dans leur développement futur. 

Ce processus repose sur un cadre de travail, des modalités relationnelles et une déontologie communs à tous les coachs professionnels. Il implique l’usage de méthodes et outils diversifiés, qui soutiennent un travail de maïeutique, visant à faire émerger chez les coachés leurs propres solutions. Puis à les aider à créer les conditions favorables pour que ces solutions se matérialisent et que les aptitudes développées pour les mettre en œuvre s’ancrent durablement.

Le coaching c’est aussi un « espace » où l’on développe la conscience de soi et la compréhension de son fonctionnement, où on se «(re) plugue » à ses propres ressources, où on en développe certaines autres quand cela est utile… Pour trouver l’énergie, la confiance, les chemins qui permettent d’être ou continuer à être acteur de sa vie avec efficience, épanouissement et sens.

 

En tant qu’executive coach, accompagnez-vous des situations spécifiques ?

Je n’accompagne que des situations spécifiques ! D’autant que tout en restant strictement sur des objectifs d’accompagnement « professionnels » j’ai souhaité ne me spécialiser sur aucun secteur ni aucune population en particulier.

Mes 20 années de pratique m’auront quand même enseigné que j’ai une appétence prononcée pour accompagner les moments de « transition » (subies, choisies, provoquées...), les crises développementales qui augurent des changements importants et impliquent une mise à jour de ses pensées, croyances, schémas comportementaux (à l’image d’une version de logiciel ou d’application), les moments où s’impose le besoin de se dépasser ou de prendre une hauteur de vue…

 

Qu’est-ce qui différencie un executive coach d’un coach de vie ?

La différence repose surtout sur les thématiques abordées. Un executive coach travaille sur des problématiques liées à la vie professionnelle. Il peut accompagner des individus, des groupes, des organisations. Même si des sujets tels que l’estime,  la confiance en soi ou encore, la gestion du stress et des émotions sont abordés en executive coaching, l'accompagnement est toujours centré sur une visée et une mise en pratique "professionnelle" ; que ce soit au travail ou dans sa trajectoire professionnelle.

En life coaching, on accompagne des problématiques personnelles ou générales (impliquant la vie professionnelle ou non), proches de celles qui sont accompagnées en thérapie parfois, avec des outils et approches différents.

 

Comment se déroule un accompagnement en coaching ?

La plupart des coachings démarrent par un premier entretien de définition du besoin, au cours duquel on aborde le motif de consultation, le contexte du client, le problème à résoudre et/ou l’objectif visé.

Ensuite, l'objectif et le dispositif d'accompagnement sont clairement formalisés. Cela passe par un « contrat d’engagement et de travail » qui détermine les objectifs du coaching, les indicateurs d’évolution et de résultats, le nombre de séances, le rythme et la durée, les règles de fonctionnement.

Si le coaching est "tripartite", il implique un représentant de l'entreprise dans ces phases.  Cela implique que les objectifs et le dispositif sont co-définis avec cette personne désignée qui est souvent un manager ou  un responsable RH. Durant l’accompagnement, différentes techniques peuvent être proposées afin d’aider le client à atteindre son but. Chaque temps d’intersession est nourri d’exercices à réaliser, de pratiques à expérimenter, de réflexions à mener. En fin d’accompagnement une évaluation qualitative et quantitative des résultats est réalisée.

 

Le coaching est très répandu aux Etats-Unis, pensez-vous qu’il puisse se développer de la même manière en France ?

Oui, le coaching s’est bien développé et se développe encore en France. C’est un marché qui voit chaque année grandir son offre et sa demande et un marché qui se structure, se réglemente de plus en plus. Aujourd’hui, rares sont les entreprises et organisations qui n’y ont jamais eu recours.  

L’approche a fait ses preuves en termes de création de valeur et est même venue valoriser des pratiques existantes. On parle de "manager-coach", de formations de type "coaching". Cette intégration des approches inspirées du coaching participe au développement du coaching professionnel.

Au-delà de ces aspects, je suis heureuse de voir également qu’en France, comme aux Etats-Unis,  le coaching se démocratise. Ce n’est plus un service réservé à une « élite » et on voit enfin le coaching descendre dans les organigrammes et s’ouvrir à des populations variées. Mécaniquement cela participe à un développement de cette pratique. Néanmoins, il y  a encore une marge de progression dans le mouvement de démocratisation. Il y a également l’effet de la digitalisation du coaching qui peut contribuer à l’effet de démocratisation du coaching en France. Par des solutions globales comme mindDay, ou plus basiquement grâce à la vidéoconférence qui permet de coacher là où l'offre était alors limitée ou inexistante dans certaines zones géographiques.

 

Dans quel cas de figure faire appel à un coach ? Sur quelles thématiques peut-on être accompagnés ?

Le coaching est adapté dans de nombreuses situations. On peut regrouper les objectifs de coaching professionnels en plusieurs familles. 

J’en vois a minima deux. La première est celle des demandes de résolution de problèmes. Par exemple, la personne rencontre un frein, qui peut être lié à ses compétences, à ses motivations, à des difficultés relationnelles. Il peut s’agir de quelqu’un qui ne trouve pas sa place dans l’entreprise, ou le sens de son travail, qui est en conflit avec un coéquipier, se sent incapable d'affronter une situation comme une prise de parole en public par exemple. Sur le collectif, cela peut être une équipe qui manque de fluidité dans ses interactions, qui est désengagée, qui ne parvient plus à performer... La seconde, c’est celle des demandes relatives à l’atteinte d’un objectif ou la réalisation d’un projet. Par exemple quand il s’agit de valider que c’est le bon objectif/projet pour soi, quand l’objectif ou le projet est « flou » ou insuffisamment précis pour être transformé en actions, quand le projet est clair mais que le chemin pour le réaliser ne l’est pas ou semble trop contraint.

 

Quels sont les bénéfices qu’une entreprise peut tirer du fait d’offrir des sessions de coaching à ses employés ? Est-ce un « bon investissement » ?

Pour les entreprises, le coaching est l’outil idéal dans la période actuelle car il est simple et rapide à mettre en place et particulièrement agile. Ce qui est précieux dans une période marquée par la complexité croissante de la vie professionnelle au quotidien et de l’évolution rapide des pratiques et des métiers. Le coaching travaille sur du « vivant », dans l’instant. C’est un outil d’agilité. C’est une approche particulièrement précieuse dans la période que nous traversons car les coachs sont des “agents positifs de changement”. Ils aident leurs clients à voir les avantages du changement quand ils y sont confrontés, à bâtir des plans de transition pragmatiques, tout en travaillant la résilience. Ce dernier point est pivot car plus le monde autour de nous évolue, plus nous devons être certains de ce qui importe dans nos vies.

La crise a développé par ailleurs de plus hauts niveaux d’exigence en matière d’épanouissement, d’équilibre de vie, de sens. Elle a également renforcé de fait les attentes en termes de développement des compétences et des pratiques managériales, alors même que les managers sont aussi eux-mêmes en turbulence. Or, le coaching permet à la fois de développer rapidement la performance managériale tout en travaillant sur la dimension “être” des managers. Enfin, le coaching a un effet « durable » retour sur expérience, auto-apprentissage et mise en autonomie font partie du processus de chaque coaching… Tout le contraire d’une obsolescence programmée !

 

Le coaching vise à améliorer le bien-être mental. Quels sont pour vous les freins à l’accès au bien-être mental en France ?

Je pense qu’un des principaux freins en France est le manque de sensibilisation et d’information autour du bien-être mental (et par extension de la santé mentale). De ce que cela signifie, implique, met en jeu. Et justement, le fait que mindDay ait choisi de faire de la prévention, et d’informer, éduquer sur le sujet permettra, je l’espère, de lever ces freins progressivement chez nos entreprises partenaires. 

Par ailleurs, notre culture ne valorise pas vraiment le fait de demander de l’aide. Dans ce contexte, il est parfois difficile de prendre conscience que l’on vit un “trouble”, d’admettre ce trouble et de le nommer. Sans compter les interférences (« comment vais-je être perçu.e » ?), qui limitent les initiatives.

On manque également de chemins connus et reconnus pour se faire aider. On ne sait pas le plus souvent comment choisir le bon professionnel pour soi dans un marché où l’offre apparaît effervescente et floue : psy ? coach ? quel type d’approche ? comment le/la trouver ?. mindDay a notamment  fait de « l’orientation vers le bon professionnel » un fer de lance.

 

Pour finir cette interview, quel conseil pourriez-vous donner à nos lecteurs, tiré de votre expérience de coach ?

« Quand vous avez un caillou dans votre chaussure, retirez-le vite avant qu’il ne vous blesse". Et si vous n’y parvenez pas, si vous vous sentez dépassé, ne sachant pas comment faire : osez demander de l’aide ! Les solutions sont souvent simples et rapides à mettre en place et demanderont de votre part une énergie bien moindre que celle que vous mettrez à marcher avec votre caillou

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